Partie 1: DOCUMENTATION SUR LA RÉGION

section 1.1. : A TABLE !

« Un peu de savoir, un peu de sagesse, et le plus de saveur possible » (Roland Barthes)

question 1.1.1.

L’andouillette d’Arras et de Cambrai sont assez semblables quand à leur préparation. Quelle viande en constitue la base ?

question 1.1.2.

Pouvez-vous définir avec précision ce qu’est le genièvre qui sert à flamber l’andouillette ; dans quelles villes est-il fabriqué ?

question 1.1.3.

L’anguille est abondante dans toute la Morinie. Quand on la prépare au vert, au moins trois plantes peuvent donner à la terrine sa couleur verte. Lesquelles ?

question 1.1.4.

Qu’est-ce qu’une flamiche picarde ? Quel type de pâte utilise-t-on pour faire une flamiche ? Quelle est la garniture ?

question 1.1.5.

Le lapin est un plat traditionnel de sortie d’hiver ; mariné ou non, on le prépare en sucré/salé, avec des pruneaux, mijoté au vin rouge ou à la bière de garde ambrée. Pourquoi est-il traditionnel de faire figurer la tête du lapin dans le plat de service ?

question 1.1.6.

Que sont ces pieds de moutons qui ne sont servis qu’en saison ?

question 1.1.7.

Le cabillaud est préparé en salé/amer : bière blanche et endives. A quelle espèce botanique appartient l’endive ? Quels autres cultivars appartiennent à cette même espèce ? Où trouve-t-on l’ancêtre sauvage ?

question 1.1.8.

Mises à part ses laides vaches, le village de Licques est célèbre pour une production animale traditionnelle. Laquelle ? Comment les animaux dont il s’agit sont-ils désignés localement ?

question 1.1.9.

Donner deux caractères spécifiques (les viandes et l’aromate herbacé particulier) à l’andouille d’Aire et à celle de Cambrai (qui ne diffèrent que dans la proportion des viandes constitutives).

question 1.1.10.

Le potjevlesh (mot flamand) est étymologiquement un pâté de viande. Quelles sont les quatre viandes qui constituent un bon potjevlesh ?

question 1.1.11.

Le jambon au torchon est un jambon blanc peu salé, à la manière du jambon d’York. Qu’est-ce qui caractérise sa cuisson chez les bons artisans charcutiers ?

question 1.1.12.

Les spécialités fromagères de la région Nord/Pas-de-Calais sont nombreuses, mais voyagent peu, mise à part la mimolette (parfois appelée Vieux-Hollande dès qu’elle est un peu affinée), dont l’histoire est liée à la dégustation des vins de Bordeaux. Quel est le colorant qui donne à la mimolette sa couleur ambrée? Citez d’autres spécialités fromagères de la région, et dites de quel type de fromage il s’agit.

question 1.1.13.

Le gâteau battu est une spécialité picarde dont les ménagères gardent jalousement le secret de fabrication. Qu’est-ce qu’un gâteau battu ?

question 1.1.14.

Que sont les fourdraines (appelées aussi krekes aux confins de la Flandre) qui garnissent le clafoutis ?

question 1.1.15.

Qu’est-ce qu’une tarte au liboulli, appelée aussi tarte à gros bords, tarte au papin... ? Quelle est la nature de sa pâte ? de sa garniture ?

question 1.1.16.

Et pour terminer, une bière ! La cervoise de l’antiquité et du haut Moyen-Age se transforme en bière au IXe siècle (néerlandais bier ; l’usage du mot en langue française est plus tardif), dans les Basses-Terres. A quelle révolution dans les arts de la brasserie correspond cette transformation ? Une seconde révolution, sous l’égide d’un doyen de la Faculté des Sciences de Lille, se produit au milieu du XIXe siècle. Qui est ce scientifique ? Sur quoi ont porté ses travaux lillois ?

question 1.1.17.

La production industrielle de la bière cache la diversité des productions brassicoles régionales. Les méthodes modernes qui autorisent les productions de qualité, même avec des volumes faibles, ont permis de revivifier les formules traditionnelles et la gastronomie qui leur sont liées (l’minger à l’bier ). Qu’est-ce qu’une bière à fermentation haute ? à fermentation basse ? Qu’est-ce qu’une bière de mars ? Une pils ? Un bock (expliquer l’étymologie du mot) ? Une Jenlain ? Une bière de garde ? Une goudale ? Une faro ?

section 1.2. NOS GÉANTS !

question 1.2.1.

Au tournant du XIIe au XIIIe siècle, dans l’Europe du Nord, apparaissent au sein des processions, sous formes de géants d’osier, des représentations d’animaux fabuleux (dragons), puis de personnages appartenant à la Bible ou à la tradition populaire chrétienne.

Deux géants bibliques, à l’image négative comme d’ailleurs les animaux fabuleux, toujours vaincus, sont souvent repris ; quels sont ces géants ? Les premiers héros chrétiens sont des saints, mais ils ont une caractéristique qui les fait plus grands que nature : ils sont vainqueurs des forces chtoniennes ou christophores. Citez deux de ces saints que l’on représente comme des géants dans les processions.

question 1.2.2.

Les géants se laïcisent au tournant de la Renaissance ; c’est en 1530 qu’apparaît Gayant, le géant de Douai. C’est que le géant "processionnel" –celui que l’on sort et que l’on promène pour saluer l’entrée des souverains ou lors de la fête patronale– devient l’image tutélaire de la cité. Avec le beffroi, il affirme le sentiment identitaire de la cité à une époque où les villes sont jalouses de leur autonomie.

Les édiles de l’époque voient dans le beffroi comme dans le géant un symbole de l’accumulation des savoirs et des biens, qui permet cette "vision au loin" des guides de la cité. Ils méditent cet aphorisme d’un penseur du Moyen-Age :

Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants. Nous voyons ainsi davantage et plus loin qu'eux, non parce que notre vue est plus aiguë ou notre taille plus haute, mais parce qu'ils nous portent en l'air et nous élèvent de toute leur hauteur gigantesque…

Qui est l’auteur de ces lignes ?

question 1.2.3.

Le géant de Douai, s’est marié, a eu des enfants (en 1677) ; d’autres villes, dont Dunkerque se sont dotées de géants ; mais la Révolution leur est fatale. Et seuls ceux de Bruxelles sont en état pour saluer le mariage de l’Empereur Napoléon. Les douaisiens pensent à restaurer « ces figures qui ont célébré l’entrée des Français dans la ville en 1667 ». Valenciennes se dote d’un géant en 1817, Cassel (Reuze) en 1827, puis Lille (Jeanne Maillotte, Lydéric, Phynaert), Bailleul (Gargantua). L’élan est donné, qui perdure jusqu’à aujourd’hui.

Quel rapport lexical existe-il entre le nom du géant de Douai (Gayant) et celui de Cassel (Reuze) ?

la famille Gayant

question 1.2.4.

Comment s’appellent les enfants de Madame Gayant et de Gayant ? Quelle relation entretiennent-ils avec le géant tutélaire de Valenciennes ? Gayant est figuré comme un guerrier romain ; qu’en est-il du géant de Valenciennes ?

question 1.2.5.

Les guerres furent souvent dramatiques pour les géants festifs du Nord de la France et de la Belgique. Mais depuis deux siècles, il s’est toujours trouvé des associations pour relancer la traditions, faire revivre les géants détruits, en créer de nouveaux : plus de trois cents géants évoluent actuellement dans les fêtes de la région (ils sont cinq fois plus nombreux en Belgique). Symboles des villes au XIXe siècle, et pris en charge par des associations que l’on appellerait aujourd’hui « culturelles », les nouveaux géants sont au XXe siècle plutôt associés aux activités économiques : on trouve des géants de quartier ou de petites agglomérations, dont ils symbolisent l’activité : c’est le mineur Tintin Pourette à Liévin en 1950, ou les maraîchers Colas et Jacqueline à Arras en 1891, ou Batisse (batiste et Baptiste sont homophones, sous la forme batisse, en picard) le tulliste de Caudry en 1921.

La récession charbonnière et métallurgique a condamné plusieurs géants de ce type. Mais un nouveau phénomène a relancé la pépinière de géants : la "rurbanisation" a créé les conditions dans les nouvelles agglomérations et les villages des périphéries pour qu’apparaissent de nouvelles associations avec pour objet la culture et le loisir. Les géants de cette dernière génération sont des créations dont la vocation est de symboliser le rassemblement des populations et de publier le travail associatif local à l’occasion des fêtes et autres manifestations.

Le géant de Mont-Saint-Eloi, Dagobert, a ainsi porté les couleurs du village jusque sur le champs de Mars à Paris à l’occasion d’un Téléthon 2001. Tintin Pourette, avec son épouse Phrasie et leur fille Louise avaient animé le Téléthon de Liévin en 1995.

Dagobert a été baptisé en septembre 1994 ; qui étaient son parrain et sa marraine ? Que représentent symboliquement ces deux personnages et d’où viennent-ils ? Il existe depuis 1962 un « petit » géant du nom de Dagobert ; dans quelle ville ? Quel est son office ? Il existe également deux autres géants mérovingiens, frères de surcroît, sur les bords de la Scarpe ; qui sont-ils et dans quelles villes ont-ils été érigés ?

question 1.2.6.

Les spécialistes des géants ont tenté plusieurs classifications des géants processionnels : soit par leur architecture, soit par le type de représentation. Le géant traditionnel a une carcasse en osier ; il est porté et peut danser le rigodon.

Citez trois géants de villes différentes qui respectent cette tradition. Qu’est-ce que le rigodon ?

Mais beaucoup de géants ont une structure adaptée à la modernité : tubes métalliques et contre plaqué ! ils ont des roulettes qui ménagent leur porteur. Donnez quelques exemples de ces géants.

Une autre tradition, reprenant la coutume des chars carnavalesques, a conduit à construire des géants sur des véhicules dotés de roues ; donnez en trois exemples, avec les villes où ils défilent.

Il n’y a qu’un géant statique, « l’électeur de Lamartine » ; il ne défile pas et préside aux cérémonies depuis le perron de l’hôtel de ville. Quelle est l’origine de ce géant anonyme ?

question 1.2.7.

Une autre classification utilise le thème majeur qui a présidé à l’élaboration. Pour chacune des classes qui suivent, donner trois exemples (avec la ville qui revendique le géant cité dans chaque exemple) :

* héros légendaires locaux, sans fondement dans la "grande" histoire.
* personnages historiques, plus au moins revus par la légende.
* personnages symboliques d’un métier qui peut être aussi héros d’une légende ou d’une chanson populaire.
* personnages qui représente une célébrité artistique ou littéraire locale (ancienne ou récente, de langue française ou des dialectes -picard ou flamand-).

Habituellement, il n’y a pas de personnage représentant des saints parmi les géants laïcs ; à une exception près (traditionnelle en Belgique). Quel est ce personnage représenté comme un évêque ? Où est-il représenté dans le Nord ?

question 1.2.8.

L’imagination des créateurs de géants ne limite pas leur production à la reprise ou la transposition des grands ancêtres, Reuze, Gayant ou Gargantua.

Dans quelle ville les géants sont-ils des Maures ? Quel est leur nom ? Pourquoi sont-ils armés de marteaux ?

Quelle est la ville dont le géant est un âne ? Quel est son nom actuel ?

Il n’existe plus qu’un seul géant qui se rapporte à une légende draco-chtonienne ; comment s’appelle le dragon ? Dans quelle ville promène-t-on ses quatorze mètres de carcasse ?

Il y a même un géant qui est un nain ! Quel est son nom ? Quel est le calembour à l’origine cette construction originale de 150 centimètres ? A quelle ville appartient-il ?

section 1.3.

COULEURS DU PAYS.

hortillonages d'Amiens l'été

question 1.3.1.

Pendant plus de deux siècles, des années 1300 à 1500, les ateliers de tapisserie d’Arras sont les fournisseurs des collections prestigieuses que constituent les reines Jeanne d’Evreux et Isabeau de Bavière ou les ducs de Berry et de Bourgogne. Elles sont faites de laines filées et teintes sur place, et « bien richement brochées d’or et d’argent ». Leur réputation s’étend à toute l’Europe ; le nom que les italiens donnent à ces œuvres finit par désigner toutes les tapisseries à la manière arrageoise, même si elle sort des ateliers concurrents de Tournai !

Il reste actuellement très peu de témoins assurés des ces fastes : une tapisserie de la cathédrale de Tournai, une autre à Padoue, et quelques autres moins attestées, au moins en ce qui concerne les ateliers, sinon le style, à New York, au Vatican ou en Angleterre.

Comment s’appellent ces tapisseries ? Sont-elles de haute ou de basse lisse ?

question 1.3.2.

Un peintre a marqué les arts de la tapisserie du XXe siècle. Après une période expressive (son « Faucheur Flamand » appartient aux collection du Musée d’Art Moderne de Paris ; il est l’un des décorateurs de l’Exposition Universelle de 1937) il a participé, comme son ami Lurçat, au renouveau de la tapisserie, notamment auprès de la manufacture des Gobelains. Fidèle à son pays natal, il a réalisé une mosaïque pour l’Eglise Saint-Pierre-et- Saint-Paul de Maubeuge, ainsi qu’une toile pour l’église de son village natal.

Quel est ce peintre ? Comment s’appelle son village natal ?

question 1.3.3.

Le mois de mai est dans la tradition chrétienne occidentale le « mois de Marie » ou « mois de Notre-Dame ». C’est cette connotation qu’il faut donner au mot « mai » (ou may) quand le musée d’Arras vous propose de visiter sa « Salle des Mays ». Que sont précisément ces œuvres picturales appelées « Mays » ?

question 1.3.4.

Il a été galibot puis moulineur dans les houillères du Pas-de-Calais ; il a été ouvrier chez Citroën et Renault. Il fait sa première exposition de peinture en 1932 ; ami intime de Picasso et d’Aragon, il en a partagé les engagements artistiques, résistants et politiques.

" Son œuvre prend tout son sens dans l’interrogation aiguë du monde qui l’environne, dans cette volonté d’en créer un « à la mesure de ses désirs et de ses capacités d’intervention » : de la réalité, sa peinture extrait des forces pour refigurer le monde, exercer sur sa sourde menace une pression, en lui donnant des formes dont il a la conviction qu’elles l’ordonneront, peut-être même le transformeront. Thème favori, le combat est peut-être devenu au fil des années son style; toutefois, la frénésie de ces fureurs destructrices paraît momentanée, disposée à s’interrompre pour laisser la place à la tranquillité, au calme, à la paix. En peu de temps, les « Batailles » peuvent se transformer en de magnifiques réjouissances, et, au pesant climat des « Moissons », aux insupportables cris des « Guerriers » peut se substituer la puissance de la vie." (Philippe Bouchet).

l'homme à l'enfant endormi

le mineur à la cigarette

 

Quel est ce peintre et sculpteur ? Où et quand est-il né ? Pouvez-vous donner les titres de quelques œuvres peintes ou sculptées dont l’appellation caractérise bien la thématique ?

question 1.3.5.

Au milieu du XIXe siècle se constitue à Arras un groupe de peintres dont le renom permettra de parler d’une « école d’Arras ». Quels ont été les animateurs successifs de cette école ?

Quel peintre en a été la figure de proue, qui pendant presque 25 ans participa a ses travaux ? Donnez le titre de quelques unes de ses œuvres qui évoquent des lieux précis de l’Artois.

question 1.3.6.

le rapppel des glaneuses


Avec son frère, il participa également à « l’école d’Arras » ; épris de naturalisme, il parcourt et peint la campagne artésienne. C’est ainsi qu’il aborde lui aussi le thème du glanage, comme Millet ou Van Gogh qu’il héberge tout un hiver. Une toile sur ce thème en témoigne au musée d’Orsay ; une autre se trouve au musée d’Arras, et elle est évoquée dans le film d’Agnès Varda sur les Glaneurs et glaneuses.

Pouvez-vous donner quelques précisions sur ce peintre ?

question 1.3.7.

Cette petite ville fut la résidence d’été des archevêques-ducs de Cambrai ; elle est connue des lycéens, qui seraient bien en mal de la situer sur une carte, par le traité qui y fut signé. Deux grand peintres du XXe siècle y ont leur racines ; des legs de chacun d’eux, suivis de donations de leurs « héritiers » ont permis de constituer un musée d’une grande richesse. Quelle est cette ville ? Qui sont ces peintres qui ont témoigné ainsi de leur attachement aux paysages de leur enfance ?

question 1.3.8.

Il serait dommageable dans cette évocation des couleurs et des lumières du Nord de ne pas passer par la côte. Au bord de la Mer du Nord ou entre les falaises du Boulonnais et celles de Picardie (la côte d’opale !) les plages ont accueilli les plus fins coloristes : Boudin et Manet à Berk ; Derain et Utrillo à Etaples ; Hogarth et Turner à Calais ; Seurat et Signac à Gravelines… Il est né à Saint-Ouen ; dès sa petite enfance, son grand-père le guide à travers les brumes et les marais de la baie de Somme et « l’initie à une quête silencieuse des chatoiements de la nature » ; cette lumière qu’il découvre alors rejaillira dans toute son œuvre.

Quel est ce peintre picard ? Il a doté d’un magnifique ensemble de vitraux une église de la ville de son enfance ; comment se nomme cette église ? quelle est la thématique générale de ses verrières ? Dans quelles villes de la région Nord-Pas-de-Calais peut-on voir des œuvres de ce peintre ?

la jetée