Challenge ADEMIR 2004
CAEN

L’HISTOIRE

À l’époque de la conquête de la Gaule par les Romains, le département actuel était peuplé, à l’est par les Lexoviens –autour de Lisieux-- à l’ouest par les Bajocasses –autour de Bayeux et au centre par les Viducasses dont la capitale n’était pas Caen mais Vieux (Aregenua) où l’on a retrouvé des vestiges romains actuellement ouverts aux visiteurs.

Après la disparition de Charlemagne, la province fut constamment ravagée par les VIKINGS, ces « North Men » (normands) venus de Norvège et du Danemark à bord de leurs célèbres drakkars.
Au traité de St Clair-sur-Epte (911), un de leurs chefs, Rollon, obtint le pays situé entre la rivière Epte et la Bretagne, c’est-à-dire une région correspondant pratiquement à la Normandie actuelle avec Rouen pour capitale.

De ce passé, le Calvados a gardé des liens privilégiés avec la Norvège : l’office franco-norvégien est basé à l’Université de Caen.
Mais c’est au XIe siècle que la Normandie entre vraiment dans l’histoire. Le descendant de Rollon, Robert Le Diable, périt devant Jérusalem laissant pour héritier un bâtard de 7 ans : Guillaume. Celui-ci ne devient maître du duché qu’à 19 ans après avoir lutté contre les seigneurs féodaux qui lui disputaient son héritage.
Devenu Duc de NORMANDIE, il déclare la guerre au roi de France et le bat à Troarn (à côté de Caen). Par ailleurs, Edouard le Confesseur, roi d’Angleterre et descendant de Robert le Diable, avait désigné comme successeur son cousin Guillaume et non son beau-frère Harold. Ce dernier, échoué sur la côte normande à la suite d’une tempête, est accueilli par Guillaume qui lui fait jurer de ne pas lui contester son droit au trône d’Angleterre. Mais, de retour en Angleterre, Harold oublie son serment et se fait proclamer roi au décès d’Edouard. Guillaume organise alors une expédition en Angleterre - avec le soutien du pape- - pour faire valoir ses droits au trône.
La flotte de Guillaume traverse la Manche et affronte l’armée d’Harold à Hastings. Le sort de la bataille demeure longtemps incertain, mais les saxons tombent dans une embuscade meurtrière ; leur chef, blessé par une flèche à l’œil, meurt et ses frères sont massacrés par Guillaume lui-même.
Surnommé « le Conquérant », Guillaume est couronné roi d’Angleterre à Westminster le 25 décembre 1066. Toute l’histoire de cette conquête est racontée, comme une bande dessinée, sur la fameuse « Tapisserie de Bayeux ».
À la mort de Guillaume, les couronnes d’Angleterre et de France continuent à se disputer le duché de Normandie jusqu’à la Guerre de Cent ans (XVe siècle).
Ce n’est qu’après la victoire de Charles VII sur les Anglais à Formigny (près de Bayeux), en 1450, que le duché de Normandie revient définitivement au royaume de France.

Au XVIe siècle, la province renoue avec la violence provoquée par les antagonismes religieux : la plaine de Caen a été la seule région du nord de la Loire à épouser le protestantisme.
Le calme, revenu avec l’avènement d’Henri IV, assura la prospérité du Calvados dont l’agriculture, l’élevage et le commerce constituaient les principales richesses.
Mais la révocation de l’édit de Nantes causa la ruine de Caen et de Bayeux dont les artisans protestants furent interdits et poursuivis.
La révolution de 1789 fut d’abord acceptée avec enthousiasme dans le Calvados, mais les excès sanglants de la Convention firent basculer le département en faveur des Girondins.
Début XIXe siècle, les guerres napoléoniennes entraînèrent quelques combats maritimes sur les côtes du Calvados, proches de l’Angleterre. Les guerres de 1870 et de 1914 épargnèrent le sol normand et permirent son développement économique : l’agriculture était l’activité dominante avec les entreprises artisanales de textile-habillement qui atteignirent le stade industriel. Début XXe siècle, cette production textile commença à péricliter et fut relayée par une activité sidérurgique. De sa création, en 1917, à sa fermeture, en 1993, la Société Métallurgique de Normandie fut l’un des principaux employeurs du Calvados.



Épargné par les deux conflits précédents, le Calvados fut au cœur de la Seconde Guerre mondiale. Ses plages furent le théâtre du débarquement allié. La bataille dura deux mois : du 7 juin au 21 août 1944.

Les combats firent de nombreuses victimes civiles et laissèrent le département en ruine : des villes entières furent rasées, d’autres détruites à 80 % (Caen, Lisieux) ; en campagne la moitié des fermes fut totalement ou partiellement anéantie.
La ville de CAEN est libérée le 17 août 1944 après avoir été pilonnée pendant deux mois et demi : sur les 61 000 habitants que comptait la ville avant la guerre, il reste environ 3 000 personnes dans les décombres.
Le déblaiement des ruines est achevé durant l’été 1946 mais les baraquements provisoires où ont été relogés familles et commerces vont durer jusqu’en 1961, date de l’achèvement de la reconstruction de la ville.
Caen a été reconstruite dans un souci d’équilibre et avec la pierre blanche locale ; le patrimoine monumental, préservé, a été restauré. Caen peut être désignée comme la « ville aux cent clochers » !

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